Sharp lance ce 23 mai 2026 quinze nouveaux téléviseurs AQUOS dont la fonction principale n'est plus seulement d'afficher des images. Le constructeur japonais y intègre AQUOS AI, un service motorisé par ChatGPT et incarné par deux avatars projetés à taille quasi humaine sur les modèles 65 pouces et plus. Daiki et Ayumi prennent place sur l'écran et discutent avec le téléspectateur.
Un téléviseur que l'on regarde, et qui parle en retour
AQUOS AI s'appuie sur le grand modèle de langage d'OpenAI, customisé par Sharp pour le ton, les usages domestiques et la langue japonaise. Deux personnages numériques s'affichent sur la dalle dès qu'on active l'assistant. Daiki, jeune homme stylisé. Ayumi, jeune femme au look conversationnel. Sur un 65 pouces, leur silhouette atteint environ 1,60 mètre, soit la taille d'un humain assis au bord du canapé. L'expérience se décline en trois modules : Talk pour la conversation libre, Recommend pour la suggestion de programmes selon l'humeur du moment, et Help pour la prise en main du téléviseur. Sharp met en avant deux notions maison qui le démarqueraient des assistants vocaux du marché : une « intelligence empathique » qui adapterait le ton à l'état émotionnel détecté, et une « intelligence exploratoire » qui creuse la demande au lieu de répondre du tac au tac. Les avatars exploitent les puces embarquées sur les modèles haut de gamme 2026, assez de jus pour animer le rendu facial sans renvoyer chaque image au cloud.
Quinze modèles 4K : huit AQUOS OLED et sept AQUOS XLED Mini-LED
Le lancement couvre tout le haut de gamme Sharp 2026. Huit téléviseurs 4K AQUOS OLED (lignes S9A et S7A) et sept 4K Mini-LED AQUOS XLED (lignes X9A et X7A). Les diagonales démarrent à 55 pouces et grimpent à 85 pouces sur les plus généreuses. Le 65 pouces reste le format pivot pour exploiter l'avatar en taille humaine. Les dalles OLED viennent de la dernière génération de panneaux Sharp Display ; les XLED gardent le rétroéclairage Mini-LED maison avec contrôle local du dimming. Tout tourne sous Google TV avec l'image processing engine Medalist S6X et les principaux formats HDR. AQUOS AI n'est pas réservé à une série précise : il s'active dès que le téléviseur est connecté à internet et que l'application dédiée s'ouvre. Les modèles précédents équipés du même processeur le recevront en mise à jour logicielle dans le courant de l'été. Rien n'est confirmé pour les marchés extérieurs au Japon.
Un service freemium taillé pour la conversation longue
L'achat d'un téléviseur compatible inclut un quota gratuit de 50 conversations par mois sur la fonction Talk. Au-delà, deux abonnements prennent le relais. La formule Normal coûte 495 yens par mois (environ 3 €) et débloque 400 échanges. La formule Gold monte à 1 980 yens (environ 12 €) et pousse le plafond à 1 600. Les modules Recommend et Help, considérés comme utilitaires, restent gratuits sans limite. Les téléviseurs eux-mêmes couvrent tout le haut de gamme japonais, entre 275 000 et 935 000 yens, soit grosso modo 1 600 à 5 500 euros au cours actuel. Cette grille vise les foyers qui équipent leur salon principal pour dix ans et qui acceptent l'idée d'un abonnement récurrent sur leur écran. Sharp précise que les paroles échangées avec les avatars sont chiffrées et que l'utilisateur peut effacer l'historique depuis le menu réglages.
Sharp prend les devants dans la bataille IA-télé
L'annonce tombe pendant que Samsung pousse Vision AI Companion sur ses Neo QLED et OLED 2025-2026 avec Copilot et bientôt Perplexity, que LG affine son assistant Microsoft sur webOS et que Hisense glisse une couche conversationnelle dans Vidaa. Personne n'a franchi jusqu'ici le cap d'un avatar incarné, animé en pleine dalle, ni proposé un abonnement aussi assumé pour la fonctionnalité d'IA. Sharp tente avec ce coup de réinscrire sa marque dans la course mondiale, en s'appuyant sur sa base installée japonaise. Reste à voir ce que ça donne hors de l'archipel. Aucun déploiement européen n'est confirmé pour l'instant. Mais la démonstration sera scrutée de près au prochain IFA — c'est typiquement le genre d'idée qu'on copie d'abord, puis qu'on banalise.