Tizen est le système maison de Samsung, présent sur toute sa gamme depuis 2015. C'est le système le plus répandu de notre catalogue, avec un prix moyen autour de 1 380 € — le plus élevé des grandes plateformes, parce que Samsung est peu présent sur l'entrée absolue de gamme.
Ses qualités sont la rapidité et la lisibilité. Ses limites sont la durée du suivi applicatif et l'absence de Dolby Vision, qui est une décision de Samsung et non une contrainte du système.
La réactivité, d'abord. L'interface répond sans latence perceptible, y compris sur les modèles de milieu de gamme, et le téléviseur démarre vite. C'est le genre de détail qu'on ne remarque pas en magasin et qui compte trois fois par jour pendant huit ans.
L'organisation ensuite. La barre de navigation reste compréhensible, les applications se rangent dans un ordre qu'on choisit, et les réglages sont accessibles sans traverser six niveaux de menus. Beaucoup de systèmes concurrents ont sacrifié cette clarté à des recommandations de contenu.
La télécommande, enfin, mérite d'être mentionnée. Samsung a réduit le nombre de touches et intégré une cellule solaire sur ses modèles récents, ce qui supprime les piles. C'est un détail, mais c'est le genre de détail qui distingue un produit pensé d'un produit assemblé.
La première est la durée du suivi. Samsung assure les mises à jour applicatives moins longtemps que LG. Sur un téléviseur de 2019 ou 2020, certaines applications ne reçoivent plus de correctif et finissent par cesser de fonctionner quand le service change son interface de programmation. Le téléviseur reste parfaitement bon comme écran ; c'est sa partie logicielle qui vieillit.
La parade est connue et peu coûteuse : un boîtier externe à une soixantaine d'euros redonne un système à jour pour des années. Il faut simplement garder un port HDMI disponible, ce qui plaide pour un modèle à trois entrées minimum.
La seconde limite est l'absence de Dolby Vision. Elle n'a rien à voir avec Tizen en tant que tel : c'est un choix commercial de Samsung, qui pousse le HDR10+ pour éviter les licences Dolby. Sur un téléviseur Tizen, un film encodé en Dolby Vision se lit en HDR10. Vous conservez le HDR, vous perdez l'ajustement scène par scène.
| Système | Modèles | Premier prix | Prix moyen |
|---|---|---|---|
| Tizen (Samsung) | 395 | 172 € | 1 383 € |
| webOS (LG) | 303 | 168 € | 1 121 € |
| Google TV | 289 | 155 € | 1 047 € |
| VIDAA (Hisense) | 181 | 151 € | 873 € |
| Titan OS | 110 | 157 € | 766 € |
Ce tableau dit quelque chose d'important : le système est corrélé au positionnement de la marque, pas à la qualité intrinsèque de la plateforme. Choisir Tizen revient à choisir Samsung, avec tout ce que cela implique par ailleurs.
Si le système d'exploitation est votre critère principal, sachez que c'est le plus facile à contourner de tous. Un boîtier externe remplace un système ; il ne remplace ni une dalle, ni un rétroéclairage, ni un processeur d'image.
Tizen, comme les autres plateformes de téléviseurs connectés, collecte des données d'usage et affiche des contenus sponsorisés sur son écran d'accueil. La reconnaissance automatique de contenu — qui identifie ce que vous regardez, y compris depuis une source externe — est active par défaut sur beaucoup de modèles.
Elle se désactive dans les paramètres de confidentialité, sous une appellation qui varie selon les millésimes. C'est une manipulation à faire au déballage, en même temps que le réglage de l'image, et personne ne vous en parlera en magasin.
Non, pas en premier. Regardez d'abord la dalle, le rétroéclairage, la fréquence native et la connectique — ce sont les éléments que vous ne pourrez pas changer.
Tizen devient un argument dans deux cas. Si vous possédez déjà un écosystème Samsung, l'intégration avec vos autres appareils est réelle et agréable. Et si vous voulez un téléviseur qui reste rapide sans y penser, sans boîtier supplémentaire, c'est l'une des meilleures propositions du marché aujourd'hui.
Samsung empile beaucoup de fonctions logicielles, et la plupart s'oublient après une semaine. Trois méritent d'être connues.
Le mode Ambiant affiche une photo, une horloge ou un motif quand l'écran ne diffuse rien. Sur un téléviseur bien placé dans un salon, il évite le rectangle noir. Il consomme peu, mais il consomme.
Le Multi View partage l'écran entre deux sources — une chaîne et le contenu d'un téléphone, par exemple. C'est utile pour suivre un match tout en gardant un œil sur une autre application, et bien fait sur les gammes récentes.
Le SmartThings intègre le téléviseur au reste des appareils connectés de la marque. Si vous n'avez rien d'autre de chez Samsung, cette partie est inutile ; si vous en avez, elle fonctionne mieux que la plupart des passerelles concurrentes.
Tous les modèles vendus en France intègrent un tuner TNT compatible HD, et la plupart gèrent aussi le satellite. Vérifiez néanmoins la mention du DVB-T2, qui conditionne la réception des futures évolutions de la diffusion terrestre.
Un point pratique souvent négligé : les modèles importés d'autres pays européens, parfois proposés à prix attractif par des marchands transfrontaliers, peuvent porter un préfixe de référence différent et un tuner qui ne correspond pas exactement aux normes françaises. La télévision fonctionnera, certaines fonctions de guide des programmes non.
Sur un téléviseur Samsung conservé longtemps, l'ordre statistique des problèmes est assez constant. Le système applicatif vieillit d'abord, comme expliqué plus haut. Vient ensuite l'alimentation, réparable, puis la dalle, qui ne l'est pas économiquement.
La télécommande solaire des modèles récents supprime le remplacement de piles mais ajoute un composant : si elle cesse de tenir la charge, il faut la remplacer entière. Gardez le modèle de référence quelque part, la compatibilité n'est pas universelle d'une année sur l'autre.
Le raisonnement mérite d'être posé, car il est contre-intuitif.
Un Samsung reconditionné de 2021 offre une dalle en bon état — un QLED ne se marque pas — mais un système déjà en fin de suivi. Vous achetez donc un bon écran avec un logiciel condamné. Si vous prévoyez d'y brancher un boîtier externe, c'est une excellente affaire. Si vous comptez utiliser les applications intégrées pendant cinq ans, c'est un mauvais calcul.
Le critère de décision n'est donc pas l'état de l'écran, mais votre tolérance à ajouter un accessoire.